Letterpress – Philippe Gully, atelier Badcass

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Posté par Jérôme le dans Impression, InspirationCommentez cet article | 8 681 vues

Cette fois-ci, c’est Philippe Gully, co-fondateur de l’atelier letterpress Badcass qui se prête au jeu du questions/réponses. Intarissable, il nous parle avec humour de sa passion et de son savoir-faire.

Pouvez-vous vous présenter, vous et votre entreprise ?

Jessica Hosgood et moi (Philippe Gully) sommes les fondateurs de l’atelier letterpress Badcass (2010).

Jessica (diplômée de Lisaa Paris en 2000) a occupé pendant cinq ans un poste de directrice artistique au sein d’une agence de communication à Paris. Elle travaille en free-lance depuis son installation en Bretagne en 2005. Ses racines franco-irlandaises, son enfance et adolescence passées en Italie, ses séjours aux États-Unis, sa vie en France l’ont toujours poussée à découvrir de nouveaux territoires, qu’ils soient géographiques ou professionnels. 

De mon côté, j’ai passé mes CAP de conducteur typographe et offset (1982–1985) à Nancy et occupé des postes de conducteur offset 4 couleurs entre 1985 et 1999 à Nancy, Metz, Grenoble et Paris. Féru de nouvelles technologies, j’ai quitté le milieu de l’imprimerie et co-fondé en 1999 avec Tristan Philippe le site/portail Praktica (1999-2010) destiné aux créatifs de la communication (Web, Print et Motion). En tant que responsable éditorial, je me suis intéressé de plus près au travail des graphistes en organisant des concours (20 secondes d’imagination, Accroche-toi) et une dizaine d’événements tels que les innovants By Designer 4 Designer à Paris, Lille et Toulouse (présentation publique de travaux de créatifs web, print et motion), le Match Graphique (compétition ludique de graphistes sur Photoshop) à l’Apple Expo et au salon Inter-graphique en partenariat avec Adobe et Apple.

Auteur de comptes-rendus de manifestations autour du design interactif (Flash Festival, Numer, BD4D, H2PTM conférences du laboratoire Paragraphe de l’université Paris 8, etc.), j’ai participé à mon tour en tant qu’intervenant à des conférences sur le webdesign (Centre Beaubourg, Salon Intergraphique, Web Festival International, Numer.02).

Et comme je suis work addict et musicien autodidacte, j’ai parallèlement créé une activité de musicien à l’image (2000-2012). J’ai commencé par réaliser des musiques de spots (télé) publicitaires pour la marque Krups et enchaîné avec plus d’une centaine de projets (tv, web, radio, cinema) pour des grands comptes dont entre autres : Nike, Citizen, Chaumet, Cartier, France 2, Orange, Diesel, Nina Ricci, Nokia, Paco Rabanne, Bavaria, Total, Vuitton, Toyota, etc. Après 15 années passées à Paris, j’ai fini par m’installer en Bretagne en 2005.

Badcass est né de l’envie qu’avait Jessica de parfaire sa maîtrise de la chaîne complète de fabrication d’un imprimé de qualité et de ma saturation à passer 12 heures par jour devant mes écrans et mes machines, combiné à ce désir de revenir à quelque chose de plus tangible. Elle avait le contrôle du pré-presse et moi tout le savoir-faire de la fabrication. Dans les années 90, alors que j’étais conducteur 4 couleurs, je continuais à rouler de temps à autre sur des presses typographiques (platines et cylindres) ce qui m’a permis d’entretenir ma maîtrise de ce métier qui s’éteignait et qui restait mon premier apprentissage. Il y a un une dizaine d’années, j’avais pu constater cet engouement pour l’impression typo aux Etat-Unis. De fait, le choix de s’orienter à nouveau vers mes premières amours s’est imposé de lui-même : letterpress is back in my life. 

Badcass compte aujourd’hui deux collaboratrices en plus de notre binôme: Pascaline Alexandre, assistante de gestion, et Sophie Pertuisel, graphiste diplômée DSSA (Chaumont).

Pouvez-vous nous présenter, avec votre sensibilité, ce qu’est le letterpress ?

Notre présentation officielle est la suivante :
Le letterpress permet dans le domaine de la présentation (cartes de visite, invitations) d’ajouter à l’impact visuel d’une création un sens que l’impression offset et numérique ne mettent pas forcément en exergue : le toucher, car en plus de la grande variété de papiers disponibles, s’additionnent différents procédés en relief ou en creux qui marquent le support. À l’instar du son qui accompagne les images, plus on capte de sens, meilleur est l’impact de communication.
Sans recours aux trames, on privilégie la composition graphique comme force de frappe avec un retour aux sens en tant que connaissance (la capacité intuitive) et fonction (le toucher). Le procédé de fabrication artisanal permet au final de considérer l’imprimé en tant qu’objet.

Il faut prendre conscience qu’une carte de visite n’est pas qu’un simple support de coordonnées, c’est une représentation de soi, une trace effective qui résume en un coup d’œil et d’une prise en main la personnalité, le professionnalisme de l’intéressé(e).

Quant aux invitations et aux faire-part, ils véhiculent la politesse et le respect et doivent refléter le prestige à la hauteur de l’événement qu’ils annoncent.

Letterpress – Badcass – cartes et faire-part.Cartes et faire-part – Photographie par ©Badcass – 2013

En coulisse, c’est de l’artisanat qui joue avec l’artisanat d’art, des gestes ancestraux, des astuces de vieux de la vieille, une concentration en continu : la mission étant de sortir le maximum de finesse du ventre de machines confites de graisse et d’engrenages.

Il y a un côté steampunk qui fascine toujours, l’impression d’être dans une gravure illustrant un Jules Verne ou une case de Peeters et Schuiten.

Lorsque j’imprime des compositions personnelles – affiches par exemple – il y a une émotion qui s’impose d’elle-même de voir se mouvoir une presse de 50 balais (alors que mes ordinateurs ne dépassent pas les cinq ans…) en usant de vieux caractères en bois chargés d’histoires qui servent depuis plusieurs décennies. Certes, l’électricité a permis d’augmenter le rendement, mais le principe de base est le même depuis des dizaines de siècles et une presse typo me touche plus que d’autres vieux outils, peut-être parce que ce procédé d’impression a été un grand acteur du partage de la connaissance.

Letterpress – Badcass – caractères en boisCaractères en bois – Photographie par ©Badcass – 2013

Pour un historique plus approfondi voir le lien ci-dessous :
L’impression typographique, une carrière en dents de fille

À qui et quel genres de projets s’adresse cette technique d’impression ?

À toutes personnes (particuliers ou professionnels) sensibles au labeur, aux formes et aux couleurs. De notre côté, cela va du curieux au puriste en passant par l’esthète, le nouvel entrepreneur, le professionnel de la communication, les amoureux, le chirurgien, le poète, le moine, la femme enceinte, le mathématicien, le luthier, le créateur de mode, le consultant, le hipster (…) et même un ministre. Que ce soit pour un bar à la mode ou un couple qui vit un événement important, nous avons le même plaisir à fabriquer l’objet de leur désir. Hype ou pas hype, c’est le hourra qui prévaut.

Nous travaillons également pour l’étranger : quelques pays européens (Portugal, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, Luxembourg, Angleterre, Allemagne) mais aussi la Turquie, la Chine, certains pays d’Amérique du sud, la Mongolie…
La palette d’applications est assez vaste : carte de visite, faire-part de mariage pour tous, de naissance, de baptême, Bar Mitsvah, dossier de présentation, invitation, menu (…) et tout imprimé à forte valeur ajoutée qui demande une intervention humaine plus ou moins laborieuse.

Letterpress – Badcass – Travaux imprimés par BadcassTravaux Badcass – Photographie par ©Badcass – 2013

Sur quelles machines travaillez vous ? Est-il difficile de trouver ces machines, de les réparer ?

La machine de prédilection est la presse à platine Heidelberg dont la fabrication a cessé en 1986.

Nous avons trois presses à platine Heidelberg, une de 1963, une GT de 1962 (la plus grosse des platines) et une troisième plus ‘moderne’ de 1978 équipée en dorure à chaud.
Nous avons également une presse Vandercook (machine emblématique du letterpress aux États-Unis), un modèle automatique assez rare de 1961, qui nous permet de traiter des formats supérieurs aux platines et que l’on réserve essentiellement aux productions propres à Badcass qui alimentent notre « shop » en ligne.

Il faut parfois faire quelques centaines de kilomètres pour aller les chercher. Ma bonne connaissance de ces machines me permet d’évaluer si elles sont aptes ou non à reprendre du service.
Concernant les pannes, il n’y a pas d’électronique dans ces machines donc pas grand chose qu’on ne puisse pas réparer nous-mêmes.

Letterpress – Badcass – Vandercook et GTVandercook et GT – Photographie par ©Badcass – 2013

Avec toutes ces machines d’un autre âge, quelle place prend l’informatique dans votre profession ?

Nous pensons nous mettre à l’informatique bientôt, peut-être même au minitel qui à l’air très performant ; notre boulier, notre tube pneumatique et notre machine à écrire – qui avait pourtant avantageusement remplacé notre moine copiste – fatiguent un peu… Évidemment, je plaisante, je n’imprime pas en écoutant des chansons de Fréhel, c’est plutôt Nine Inch Nails et Apple à tous les étages. J’ai eu mon premier mac en 1986 pour composer de la musique et Jessica est encore plus geek que moi. Ma principale presse à platine est équipée d’un Ipad pour le suivi en direct des mails, la visualisation des travaux à venir et mes relations avec le pré-presse. J’use aussi d’une appli pour vérifier que les QR codes que l’on imprime sont lisibles et fonctionnels.
 
L’informatique est le centre même de la fabrication en amont : notre site est déjà notre meilleur commercial (avec le bouche à oreille, il est vrai), la grande majorité des échanges avec nos clients (en France et ailleurs) se font par mails et dépôts de fichiers sur serveurs, les logiciels et leurs suites servent à la création et au flashage des supports films qui servent à la fabrication des clichés. C’est au calage, au roulage et façonnage du tirage que l’on quitte l’environnement informatique pour le retrouver au moment de l’expédition et de son suivi.
 
Pouvez-vous expliquer aux lecteurs quels sont les avantages, les particularités du letterpress ? Qu’est-ce qui en fait une technique intéressante et unique ?

Si vous voulez, Gutenberg est au letterpress ce qu’une imprimante de bureau est à l’impression numérique : son parangon (je vais encore me faire des copains…). Je veux parler d’authenticité et de travail manuel. Par exemple, quand on veut modifier une couleur on ne bidouille pas une courbe sur un écran Samsung mal calibré mais on sort sa spatule et on travaille son mélange de pigment à même le marbre, comme un chef de cuisine rattrape une béchamel.

En letterpress pas de chichi, c’est de l’impression directe. L’impression directe, mon ami, c’est comme tailler en relief à l’aide d’un Willy Waller la lettre ‘A’ dans une patate (qui pourrait aller avec la béchamel, tiens) puis tremper son bout de pomme de terre dans du ketchup afin de presser son ‘A’ peinturluré sur une feuille de papier. En offset, on découperait délicatement un ‘A’ dans la peau de la patate, on étalerait du ketchup, on passerait la patate sous l’eau pour ne garder la sauce que sur le A, on ferait rouler la patate sur un tube en carton que l’on presserait à son tour sur une feuille de papier. Impression indirecte.
En numérique on prendrait une photo de la patate, ensuite direction l’imprimante…

Plus sérieusement – mais pas trop longtemps – l’un des avantages de l’impression typographique c’est qu’il n’y a pas d’intermédiaire entre l’élément imprimant (la forme autrefois constituée de caractères mobiles en plomb) et le papier. Cela permet d’avoir d’une part des couleurs en tons directs, un vert est un vert et non une combinaison de trames de bleu et jaune, et d’autre part un contact physique d’un élément en relief directement sur le papier. Cela permet de forcer la pression pour obtenir un creux, ce qui est plus agréable au toucher et à l’œil qu’une surface totalement plane. Nous appelons ça le débossage (deep impression en anglais : mais impression profonde faisait trop sexe 70’s…). C’est simplement le contraire d’une technique plus connue qui est l’embossage ou gaufrage (relief du papier vers le haut).

On peut aussi appliquer un débossage sans encre (blind impression en anglais) que nous avons choisi d’appeler débossage pur, car ‘impression aveugle’ pouvait à son tour être amphigourique dans le sens où le braille utilise aussi des points en relief, alors que nous concernant il s’agit de creux, laissons le relief à l’embossage/gaufrage (si vous relisez deux fois cette phrase, ça prouve que j’ai raison).

Le système de platine permet de passer des papiers très épais, non traités, qui pourraient ‘craquer’ autour d’un cylindre ou encore des papiers à surface délicate, tout ce qui est brut de brut est le bienvenu (papier grossièrement recyclé, etc.). Plus le papier est tendre et épais (cellulose, fibre végétale comme le coton) mieux ça marche mais également plus c’est cher…

Nous n’utilisons pas ou très peu de papiers couchés ou glacés car il faut bien laisser quelque chose à l’offset et à l’impression numérique (et paf ! je vais encore m’en prendre une).

En gros aucune limite sur les papiers non couchés, jusqu’à 1000 grammes.

Quant au nombre de couleurs possibles, il varie suivant le papier et le projet (surface imprimée) mais rien n’empêche d’imprimer plus d’une dizaine de couleurs en repérage ; j’ai fait dernièrement huit couleurs en dix passages sans aucun problème.

Letterpress – Badcass – impression DuclotImpression Duclot – Photographie par ©Badcass – 2013

Le graphiste lambda peut laisser place à son imagination en sortant des schémas habituels (photo pour illustrer un texte)… Les adeptes du style épuré trouvent souvent leur bonheur dans les différentes techniques, les fans de polices en tout genre qui savent manier la mise en page se régaleront, les plus malins sauront trouver des moyens pour créer plusieurs lectures d’un même imprimé, sans oublier les illustrateurs qui à force de vecteurs bien sentis peuvent jouer avec les reliefs et creux pour agrémenter leurs traits.

Sinon de façon plus ‘classique’, nous réalisons de l’embossage ou gaufrage avec maintenant une tolérance sur les petits éléments pour une pseudo simulation de plusieurs niveaux. Et de la découpe (emporte-pièce) uniquement sur les tirages que nous réalisons.

Quant au marquage à chaud, il permet de jouer avec la surface brillante des films (substitut de l’encre) en contraste avec nos papiers non couchés pour des rendus ‘chrome’ clinquants ou ‘ton sur ton’ plus subtils.

Letterpress – Badcass – Marquage à chaudExemple de marquage à chaud – Photographie par ©Badcass – 2013

Y-a t’il des inconvénients, des problèmes récurrents ? (Des couleurs à proscrire, une épaisseur minimale de trait…)

Les limites physiques du support (polymère ou métal) empêchent d’avoir des trames avec une grande résolution, on peut faire de la trame 120 et à partir de là envisager de faire de la quadrichromie pour un rendu rétro par exemple, mais dans la réalité le coût de quatre passages rend prohibitif le recours à la quadri en letterpress.

Il y a 2 ans, j’ai imprimé en quadri une Mercury 51 que j’avais prise en photo dans le Nevada à un rendez-vous de custom cars, j’aime beaucoup le résultat, les trames grossières donnent une touche tellement 50’s.

Letterpress – Badcass – Une Mercury 51 imprimée en quadriUne Mercury 51 imprimée en quadrichromie – Photographie par ©Badcass – 2013

Les aplats sont tout-à-fait possibles, on en fait de très beaux mais juste pour obtenir un fond de couleur sur une carte de visite par exemple, qui servira à accueillir une couleur plus foncée, un marquage à chaud, un gaufrage ou un débossage pur. Nous ne faisons plus d’aplat total avec texte en réserve (coordonnées sur une carte de visite par exemple) car ça n’a pas beaucoup d’intérêt en letterpress, d’autres techniques d’impression le font très bien. En revanche, nous acceptons volontiers les petits aplats ‘partiels’ avec défonce qui permettent à un élément en réserve de sortir en relief sur le papier, en fait c’est un peu traité au cas par cas.

Trop d’éléments à imprimer tuent la pression, c’est simple : plus la surface à imprimer est grande moins vous aurez d’effet de débossage, de fait au dessus d’un A6, l’effet tend à se minimiser. De même et assez naturellement, un effet de débossage sera moins prononcé sur un papier 300 g que sur un 500 g. Pour un débossage bien marqué, il faut un papier bien épais.

Nous pouvons imprimer n’importe quelle couleur Pantone mais pas sur n’importe quel papier, les propriétés couvrantes des encres atteignent leur limite sur les papiers foncés teintés dans la masse, on se dirige alors vers des Pantones métallisés (or, argent, etc.) ou du marquage à chaud. Notez que les Pantones métallisés sur des papiers blancs ont un rendu complètement différent par rapport aux papiers de couleur foncée. L’argent donne un gris (légèrement métallisé sur les zones d’aplat) et l’or un bronze qui n’évoque par forcément l’or tel que l’on peut l’imaginer…

Le trait a une limite (environ 0,5 points d’épaisseur, parfois moins suivant les cas) toutefois il est préférable d’utiliser des caractères fins et espacés pour profiter des effets de lumière. De l’espace entre les caractères ou les élément graphiques pour laisser le papier rebondir.

Bref, la règle d’or est la respirance du papier (néologisme pas vraiment homologué).
Pensez à la purée (maison s’il vous plaît), mettez à plat votre main sur une petite assiette de purée, ce sont les traces de vos doigts que vous remarquerez en premier pas la paume et ses éminences.

Letterpress – Badcass – MTXMTX – Photographie par ©Badcass – 2013

Quels sont les astuces ou méthodologies que les graphistes peuvent appliquer lors de la préparation de leurs fichiers pour profiter pleinement de l’esthétique letterpress ?

Il est vrai qu’il est préférable de penser son projet dès le départ pour du letterpress, c’est à dire en exploitant ce qui fait son charme et en évitant d’étouffer la création avec des aplats ; encore une fois, il faut laisser respirer le papier pour laisser de la place à la lumière et aux ombres générées par les creux et les reliefs. Une composition graphique aussi simple soit-elle mais pensée pour le procédé d’impression auquel elle est destinée est toujours valorisée au final.

Des fichiers avec les couleurs à 100% de teinte avec la référence Pantone et les typos vectorisés. Pas de gaufrage à bords perdus… De toute façon, on demande à voir la maquette du projet afin de vérifier sa faisabilité, en cas de problèmes nous conseillons et proposons des alternatives. Il est toujours préférable de nous contacter aux premières ébauches du projet ou avant la validation client.

La spécificité des papiers et le processus artisanal de la fabrication ont un coût plus important que les autres procédés d’impression : pour un budget limité et un rendu qualitatif, il est conseillé d’opter pour du recto seul, cela permet d’utiliser un papier très épais sans se soucier du rendu au dos (foulage) et d’obtenir un effet optimum. Plus le papier est épais mieux on voit la tranche dans le cas d’une option de couleur.

Letterpress – Badcass – Carte MerCarte Mer – Photographie par ©Badcass – 2013

Comment voyez-vous l’avenir de l’impression Letterpress ?

Il y a toujours eu des ateliers typographiques en France, souvent très prestigieux. Nous avons juste donné une American Touch qui manquait dans l’hexagone. Par exemple, nous avons avons été les premiers en France à proposer toutes les couleurs Pantone (or et argent compris) sur tranches, en rendu mat j’entends car le marquage à chaud sur tranches était déjà pratiqué. 

À notre tour, nous suscitons des envies de monter un atelier de letterpress, d’ailleurs il est amusant de croiser parfois des quasi copier/coller de nos textes de présentation ou d’explications ici et là sur le net, c’est bien pour la promotion de cette technique d’impression qui revalorise l’imprimé. Cependant, c’est un vrai métier d’imprimeur qui ne s’improvise pas (perso, je ne me ferais pas soigner par un docteur sans diplôme), les néophytes peuvent trouver ça ‘cool’ de l’extérieur mais c’est un labeur qui demande de la dextérité, de la patience et un savoir-faire qui repose sur des années d’expérience. Mais surtout les machines peuvent s’avérer très dangereuses physiquement, elles ont peu de protections et la vigilance est de mise en permanence.

Si cela était à refaire, vous lanceriez-vous à nouveau dans cette aventure ? 

Absolument, mais peut-être pas en France car si je ne doute pas que notre pays est l’un des plus beaux au monde, ce n’est pas la même musique pour qui veut entreprendre, c’est tout de suite lourd en charges diverses, assez décourageant parfois… Comme si le but était de tester les limites de la passion.

Je remercie Philippe Gully d’avoir accepté de répondre (longuement) à mes quelques questions.

Et vous, ce témoignage vous a inspiré, embossé ou encore rendu profondément aveugle ? On se retrouve dans les commentaires.

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À propos de Jérôme

Graphiste Freelance. Plaide coupable, La Marée, les biscuits, c'est lui. Trouve intéressant de partager avec vous ses geekeries, ses trouvailles, ses sources d'inspirations et ses lubies musicales.

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